

En janvier, il a enthousiasmé
La Coursive avec son nouveau
tour de chant tout juste créé
entre les murs de la Scène
nationale rochelaise. Rencontre
avec François Morel, un artiste
tout en simplicité, qui fait du
bien à la vie.
Texte : Maud Parnaudeau • Photo : Fred Le Lan
O
n entend ses « bonjours » monter de
l’escalier du théâtre Verdière jusqu’au salon
où il nous a donné rendez-vous. François
Morel est ici comme chez lui. Des lustres qu’il vient
à La Coursive. «
Au début des années 1990 avec la
troupe de Jérôme Deschamps et la pièce Lapin-
Chasseur
», se souvient-il. Vingt ans après, il y crée
son second spectacle musical «
Le Soir, des lions…
».
«
J’ai noué avec Jackie Marchand et l’équipe de
La Coursive une belle relation, une relation de
confiance
». Quand il décide de créer un nouveau
spectacle, c’est ici qu’il pose ses valises, comme une
évidence. «
Nous sommes fidèles l’un à l’autre
». C’est
également au Grand Théâtre qu’il viendra, les 31 mai
et 1
er
juin 2016, clore l’aventure de son spectacle
«
La fin du monde est pour dimanche
», créé en 2013
à La Coursive. Son aventure à lui a débuté par une
«
enfance facile
» dans la campagne normande. «
Ma
mère m’a toujours dit que je m’étais élevé tout seul
».
Avec des périodes d’ennui, parfois. «
À cette époque,
on ne cherchait pas à sur-occuper les enfants
». Il est
fasciné par les humoristes qu’il voit à la télévision,
Roger Pierre, Jean-Marc Thibault. Une vocation naît.
«
J’étais assez timide. Faire rire a sûrement été pour
moi un moyen de dépasser ma nature
».
Une vie de défis
À 56 ans aujourd’hui, il n’a «
pas vraiment l’impression
d’avoir changé, tantôt rêveur, tantôt facétieux
». Et un
vrai talent pour magnifier l’ordinaire avec des mots
uppercuts qui vous laissent tour à tour sourire aux
lèvres ou au bord des larmes. Voire les deux en même
spectacles créés à La Coursive
«
Collection particulière
» en 2006, «
Bien des choses
» en 2007,
«
Le Soir, des lions…
» (février 2010), «
Instants critiques
»
(mai 2011), «
La fin du monde est pour dimanche
» (avril 2013),
«
La vie
(titre provisoire)
» (janvier 2016).
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François Morel,
le bienveillant
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temps quand il entonne sa ritournelle «
Petit Jésus tum’as déçu
» au sortir
d’une année 2015 sanglante. « L
a religion ne me gêne pas (…). Si on
se laisse vivre et qu’on laisse vivre les autres, tout me va
», confiait-il
en novembre dernier*. Dans son dernier tour de chant «
La vie (titre
provisoire)
» - qui est bien le titre définitif - créé et joué à La Coursive en
janvier 2016, François Morel fait valser les émotions en interprétant la
vie, nos vies. La sienne est remplie de défis. «
J’aime ça. Même si pour
chaque nouveau projet je suis toujours un peu inquiet. Et puis… je me
lance !
». Cela lui réussit plutôt bien.
L’anti-vedette
De l’aventure Deschamps-Deschiens au grand écran, du théâtre à la
chanson, de l’écriture à la radio**, Morel collectionne les succès et
s’attire la bienveillance de ceux qu’il croise. «
L’autre jour, j’étais penché
à la fenêtre du petit appartement où je loge à La Rochelle. En bas, deux
joggeurs me lancent « Ne sautez pas, on a besoin de vous ». Sympa. C’est
agréable le succès
». Pas question pourtant de tomber dans ses travers.
«
Je ne suis pas assez con pour ça !
», s’amuse-t-il. François Morel, c’est