Point Commun n°133 - avril > juin 2025

Ce n’est pas parce qu’on est en situation de handicap qu’on ne peut pas faire des études, pratiquer un sport ou travailler. La preuve avec Camille, David et Anne-Charlotte, dont la détermination et l’énergie nous inspirent. Texte : Maud Parnaudeau • Photos : Pierre Meunié Handicap, et alors ? 2 • David Planchot, licencié de la section handisport du Stade Rochelais Basket J’ai pratiqué de nombreux sports « J’ai été amputé des deux jambes suite à un accident de moto à l’âge de 23 ans. J’en ai aujourd’hui 52. J’étais alors pompier volontaire à Châtelaillon et j’ai pu être reclassé au SDIS comme dessinateur-cartographe. J’ai commencé le handibasket à 25 ans à Puilboreau. Je suis ensuite allé à Niort pendant quatre ans, deux fois par semaine, car il n’y avait plus d’offre sur La Rochelle. Puis j’ai participé à la création de la section handisport du Stade Rochelais Basket où je joue actuellement. J’ai aussi fait de la voile, du sonar (voilier) au pôle de France à Quiberon, j’ai pratiqué la plongée au club de Saint-Martin-de-Ré, je fais du ski… Si on met de côté la condition physique, le frein à la pratique sportive pour les personnes à mobilité réduite résulte souvent de l’impossibilité de trouver du matériel à louer ou de se payer un fauteuil adapté, car les clubs ont rarement les moyens d’en mettre à disposition ». 1 • Camille Ollier, docteure en biologie marine Il faut y croire et persévérer « Je suis devenue sourde à l’âge de 13 mois. Après un DUT en chimie et un diplôme d’ingénieur en agronomie, j’ai suivi un master en sciences de la mer à Rennes. J’ai ensuite décroché un contrat de thèse dans un laboratoire de l’Université de La Rochelle partagé avec le CNRS. Dans ce cadre, j’ai travaillé pendant quatre ans sur le suivi des populations de cétacés par la combinaison des détections acoustiques et visuelles. J’ai soutenu et obtenu ma thèse en langue des signes française (LSF) et américaine (ASL) fin 2024, avec l’aide de deux interprètes. Tout au long de mon parcours, j’ai pu bénéficier d’interprètes, d’heures supplémentaires avec des professeurs… mais ce n’était pas systématique. Globalement c’est difficile de suivre des études lorsque l’on est sourd. Il faut y croire, persévérer et faire valoir ses droits ! Pour rendre les sciences accessibles en LSF, j’ai co-fondé avec deux autres scientifiques sourds, l’association STIM Sourd France ». 1 2 12 ESPRIT D’INITIATIVE

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