POINT COMMUN N°117 - AVRIL > JUIN 2021
POINT COMMUN LE MAG DE L’AGGLO DE LA ROCHELLE 29 N°117 suivante : éviter la destruction d’habitats, la réduire ou la compenser. La tâche n’est pas facile, elle oblige chaque prévision d’aménagement à passer par le crible de cette grille et à rechercher des solutions, en premier lieu pour éviter de toucher aux habitats des espèces protégées. Si l’évitement n’est pas possible, le projet devra réduire son impact, par exemple ses ambitions de départ pour aboutir à moins d’artificialisation des sols. Enfin, si cela ne suffit pas, on en vient à la compensation. Il s’agit alors de recréer ailleurs et au plus près les conditions de vie d’une espèce, sur un espace naturel plus grand que celui impacté (2 fois plus grand dans le cas de l’Azuré du serpolet). Cette compensation n’est pas éphémère, elle est faite pour durer. L’Agglomération s’engage sur au moins 30 ans de gestion durable et écologique de la nouvelle zone humide, de la nouvelle prairie, du nouvel espace créé pour que la nature y prenne pleinement ses droits. Des efforts qui portent leurs fruits Élaborer des solutions pour limiter les impacts négatifs de certains aménagements sur la biodiversité demande du temps, des moyens et des dossiers bien préparés, en collaboration avec les services de l’État. Les projets doivent obtenir l’avis favorable du Conseil National de la Protection de la Nature ou du Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel, en fonction des espèces impactées. Les recommandations de ces autorités indépendantes sont généralement suivies par les services de l’État avant signature d’un arrêté d’autorisation de travaux. Leur avis favorable ne va pas de soi, bien au contraire. Beaucoup de collectivités en France sont priées de revoir leurs copies. Les 4 projets ci-contre, présentés par l’Agglo, ont tous obtenu l’avis favorable du Conseil sous conditions. • Le parc d’activités de L’Aubreçay (Saint-Xandre) Ce secteur abrite, entre autres, l’Oedicnème criard et le Busard cendré. Oiseau protégé, ce dernier est un allié objectif des céréaliers puisque, d’avril à septembre, il ingurgite des milliers de campa- gnols et autres petits rongeurs des champs. Ici, les 4,5 ha d’habitat de nidification de l’Oedicnème criard sont compensés par 8 ha sur des parcelles agricoles tournantes, gérées de façon à ce que l’espèce puisse venir y nicher, en partenariat et en accord avec leurs exploitants. • L’Avenue Simone Veil (La Rochelle-Aytré) L’aménagement touche 3375 m² de zone humide du côté de Tasdon et 6500 m² d’habitat des fameux Azuré du serpolet (papillon) et Odontite de Jaubert (plante) au niveau de l’échangeur des Cottes Mailles. En compensation, il a été décidé de réhabiliter près d’1 ha de zone humide, 1 500 m² sur le ma- rais de Tasdon et 8200 m² à Aytré, sur un ancien camping touché par la tempête Xynthia de 2010. Et près d’1 ha de restauration d’habitats écologiques, côté échangeur. • Le Parc Atlantech (Lagord) Comme pour l’Avenue Simone Veil, les études environnementales ont révélé la présence de l’Azuré du serpolet et de l’Odontite de Jaubert sur 1,8 ha du parc bas-carbone. La compensation se fera ici sur place, en sanctuarisant 3,7 ha du parc qui resteront gérés en espaces naturels pour ses espèces au lieu d’être aménagés. • L’Éco-quartier de Bongraine (Aytré) La réalisation de ce nouveau quartier aboutira à la suppression d’habitat pour l’Azuré du serpolet (6,9 ha) et pour l’Odontite de Jaubert. Les deux seront compensés par plus d’une vingtaine d’ha d’espaces naturels gérés, où ces espèces pourront se développer comme beaucoup d’autres (oiseaux, petits mammifères, reptiles, insectes, plantes…) sur l’ancien champ de tir, le marais doux d’Aytré proche de la pointe de Roux et sur une partie de l’ancien terrain militaire d’Angoulins. FOCUS SUR 4 PROJETS EN COURS L’Azuré du serpolet © Florian Picaud / ADEV Environnement
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